EQUIPEMENTS

EQUIPEMENT INDIVIDUEL

Le choix des éléments de l’équipement individuel n’est pas une mince affaire. Ce choix suit l’évolution de la pratique individuelle selon des paramètres techniques des plus précis. Le sifu est non seulement un Maître d’enseignement de l’Art, mais il doit aussi maîtriser les paramètres d’équipement qui y sont liés. Ils conditionnent l’adéquation pratique globale. BREF VOILÀ UN DES ASPECTS DE LA « VERTU »…

NB: Il n’est pas possible ici de développer tous les paramètres tenant à la technique de l’archer et leur adéquations possibles par rapport aux matériels du marché. L’empirisme en ce domaine conduit à certaines illusions, rien ne vaut la compétence d’un Maître d’armes.

L’ARC : Descriptif

Quelques indications de base sur modèle mandchou
G. Depreux

Choisir son arc

Photo G. Depreux

Quelle que soit la forme de tir, l’allonge (l’extension optimale) est ainsi mesurée.

Rapport allonge (flèche) et grandeur d’arc

TABLEAU INDICATIF

NB : Ces évaluations sont approchées, elles dépendent aussi des données du facteur d’arc.

CHOISIR SES FLÈCHES

Les choix de flèches sont multiples, notamment en ce qui concerne les matériaux:

Les fûts en bois ou en bambou ont la préférence des adeptes du tout naturel

Les futs en alliage d’aluminium sont sujets à la torsion, mais restituent la réalité technique archer-materiel (règlages)

Les fût en matériaux de synthèse ne se tordent pas, cependant ils peuvent éclater au chocs. Eux aussi restituent fidèlement vos (de) règlages..

Les empennages en (longues) plumes naturelles sont tout à fait recommandés (stabilisateurs de trajectoire).

Pour  préparer des flèches à bonne longueur, on ajoute trois pouces environ à la mesure d’allonge, selon la flexibilité de la flèche en sortie d’arc (paradoxe de l’arc).

Le choix des éléments constituant une flèche, dépend de plusieurs paramètres :

> Le matériau du fût, son diamètre, sa longueur.
> Les dimensions de l’empennage (stabilise le vol).
> La masse de la pointe (tire la flèche en ligne).

NB : La texture et le nombre de brins d’une corde d’arc, dépendent de la puissance de celui-ci à l’allonge de l’archer. Les cordes tressées sont différentes des cordes d’arcs modernes, pour autant on peut utiliser ces dernières en dépannage.

Montage – démontage de corde

PROTECTIONS INDIVIDUELLES

DU POUCE DE CORDE…

Dans l’art martial que j’enseigne le « GONG DAO » (la « VOIE DE L’ARC ») ou art traditionnel ritualisé du tir à l’arc de cours en CHINE, on a utilisé trois  principaux systèmes:

> L’anneau de pouce
> le « doigtier » de pouce
> La « bague de pouce »

Quelques bagues et anneaux.
G. Depreux

Ces trois procédés sont à la fois des protecteurs de pouce et des « standardisateurs » du lâcher d’échappement.

En ce qui nous concernent nous utilisons avec succès les trois systèmes. L’anneau de pouce est le moins confortable d’utilisation, la corde étant placée en amont de celui-ci, cependant l’échappement de corde est généralement plus net.

Le doigtier de pouce (en cuir) dont la découpe puis la mise en forme rappelle la bague de pouce. Il est d’une utilisation simple et très formatrice quant au processus de lâcher. Nos étudiants commencent tous avec ce type de protection.

L’un des choix qui prévaut avec l’anneau de pouce, demeure la bague de pouce. Elle est encore aujourd’hui utilisée en tir à l’arc traditionnel Coréen et Mongol.

Tout paraîtrait fort simple si l’on pouvait passer outre un certain nombre de paramètres fondamentaux. Ainsi la fabrication de ces « prothèses » doit tenir compte de la latéralisation de la flèche selon les pratiques traditionnelles. Ensuite il est impératif d’adapter l’objet au pouce de l’archer. D’autres paramètres tiennent à la configuration selon certains principes très importants, de l’objet (angles, épaisseur, hauteur, matériaux, etc). Bref la qualité de la technique de tir, son efficacité en dépendent plus qu’il n’y paraît.

Il serait beaucoup trop long de développer ici ce qui précède, et les bonnes raisons qui faisaient que les Maîtres anciens tenaient à dissimuler leur « décocheur » ne nous surprennent pas. Nous avons découvert leurs « secrets », pour autant, en dépit des apparences, rien n’est simpliste en tir à l’arc, à fortiori dans le domaine du « GONG DAO » (Kung Dao).

PROTECTION DU BRAS D’ARC

Une protection qui a une grande importance sur deux points majeurs : c’est le « protège bras » d’arc.

Le premier point est que le « protège bras », lorsqu’il est touché par la corde au moment de l’échappement, montre qu’il y a soit:

Un problème de technique du pratiquant.

Un problème d’épaisseur vestimentaire.

Un problème de « band » (V. « tenushi en Kyudo)

Le second point, découle du premier. En effet le va et vient de la corde après le décochage de la flèche, fouette douloureusement le bras sans protection.

Un arc bien réglé, et une technique bien comprise éliminent les problèmes, cependant mieux vaut conserver cette protection. Le « protège bras » ne doit pas être trop épais et sa matière assez glissante pour ne pas, en cas de frottement, freiner la corde.

A noter que cette protection n’en exclue pas de plus complètes, concernant les archers aux articulations de coude dites « hyperlaxes ». Pour les archères le port d’un plastron classique, près du corps, réduit les problèmes de passage de buste. (le plastron est plus aisé d’emploi)

Protèges bras artisanaux.
G. Depreux

NB : Les problèmes de blessures au pouce de main d’arc, au passage de l’empennage, sont dus à un réglage de point d’encochage sur la corde et au positionnement de la main d’arc sur la poignée d’arc.

EQUIPEMENTS DES ESPACES DE TIR

« L’ESPACE DE LA VERTU » Les lieux de pratique et les coûts d’équipement posent souvent des problèmes insurmontables. S’agissant des espaces de pratique du tir à l’arc, dans la Chine ancienne, les Cérémonies du Tir à l’Arc, avaient lieue souvent en extérieurs compte tenu des distances de tir (minimun 60 « pas »). Une large estrade surmontée d’un toit ou d’un auvent abritait les tireurs, les buttes de tir et autres mobiliers n’étaient pas abrités. Moins souvent, les tirs se tenaient sous abri complet.

Parc de la Vertu
G.Dx

Aujourd’hui les difficultés sont souvent insurmontables pour trouver une implantation de dimensions équivalentes à celles du passé. Il aura suffit d’extrapoler le rapport distance de tir – dimensions de cible, pour pouvoir exercer le tir rituel en salle à une distance de vingt-cinq « pas » (25m) sans en dénaturer le caractère traditionnel. Dans cette configuration, les règles de sécurité sont mieux maîtrisables.

Dosseret d’Autel des Ancêtres
G. Depreux
Local Municipal affecté au tir à l’arc

Quant aux équipements mobiliers, il est tout à fait possible de les concevoir aisément stockables, transportables, et mis en œuvre rapidement (voir photos au « Daojian » de Montlouis sur Loire 37). Il faut distinguer, les buttes  de tir sur lesquelles on appose une cible, et les cibles elles-mêmes. Aujourd’hui il est très facile, avec ce qui existe par ailleurs en tir à l’arc de se fournir en matériel, et d’en faire usage à des coûts extrêmement réduits (v. photos).

Butte de travail pratique
G. Depreux

Cette butte sert surtout lors des pratiques d’entrainement.

NB: La cible est reprise dans un blason « FITA » usagé, car seuls sont pris en compte les impacts à l’intérieur du cordon noir.

BUTTE « TAMBOUR » de duan (Démontable)
G. Depreux
BUTTE DU GRAND RITE
G.Depreux
RÂTELIER D’ARCS
G. Depreux
GONG DE CÉRÉMONIE
G. Depreux
ARCHERIERS